Une rencontre Qualisport sur le thème "Les architectes face aux qualifications" a eu lieu à Saint-Amand-les-Eaux (59) le 13 novembre dernier en présence d’agences d’architectes, de bureaux d’études, d’un représentant de la Fédération Française de Natation, d’entreprises de travaux et d’élus locaux.


Au programme de cet événement, orchestré par Qualisport, la visite du tout récent centre aquatique de Saint-Amand les Eaux suivie de débats fructueux. Riche initiative que cette rencontre sur le terrain ! En effet, la visite "guidée" d’un équipement sportif comme le centre aquatique de Saint-Amand-les-Eaux (dit de l’Amandinois) permet de sortir du strict débat d’experts et d’illustrer concrètement les tenants et les aboutissants du métier d’architecte. Prise en compte des paramètres économiques, techniques, écologiques, esthétiques, exigence de qualité, capacité de réaction face aux aléas d’un chantier d’envergure… c’est bien l’approche globale et pratique des architectes qui crée leur valeur ajoutée et leur force !

Réalisé par l’agence Octant Architecture, le centre aquatique de Saint-Amand affiche de prime abord une silhouette harmonieuse et apaisante due à ses volumes en forme de pétales. Au-delà de ces aspects esthétiques, il s’impose comme un équipement de dernière génération performant, durable et responsable.

Octant est spécialisée dans la conception bioclimatique et la réhabilitation d’équipements sportifs publics basse consommation avec à son actif plus de 80 interventions sur des centres aquatiques. Intégré à l’agence Octant, le bureau d’études techniques Soja a travaillé en étroite collaboration avec l’équipe d’architectes dès le début du projet. Cette organisation en dit long sur la priorité accordée par Octant à l’excellence technique et énergétique ainsi qu’à la qualité. A noter au passage que Soja est l’auteur du Guide Technique de référence sur l’optimisation énergétique des centres aquatiques, publié en 2013 avec le soutien de l’Ademe et du Feder.

Une visite sous le signe de l’efficacité énergétique et de l’environnement

Deux spécificités du cahier des charges ont guidé la réflexion sur le projet : l’absence de recours au gaz et la construction au-dessus d’un cours d’eau. "Ces deux contraintes nous ont poussé à faire plus que jamais appel à notre bon sens, notion parfois un peu trop mise à l’écart. Concernant l’absence de gaz pour chauffer l’air et l’eau, nous avons opté pour une solution de géothermie via une double pompe à chaleur alimentée uniquement par l’apport d’énergie issu de la nappe phréatique, une source d’énergie gratuite. Quant au cours d’eau, nous avons logiquement surélevé le bâtiment en utilisant du béton matricé qui peut être facilement nettoyé si l’eau monte", a expliqué lors de la visite François-Xavier Decré, architecte associé de l’agence Octant. La solution géothermique présente l’avantage d’économiser 50 000 € par an sur les coûts de fonctionnement et d’éviter 30 000 tonnes de CO2 sur 30 ans (hypothèse basée sur une comparaison avec une consommation d’énergie primaire de 2000 Mwh gaz).

L’eau de remplissage des bassins est issue de la nappe phréatique. L’eau de nettoyage n’est pas envoyée à l’égout mais traitée en majeure partie par ultrafiltration avant d’être remise dans le circuit. L’eau de l’air sortant est condensée puis récupérée pour chauffer l’air. Respect de l’environnement et allégement de la facture énergétique sont donc au rendez-vous : la consommation d’énergie est divisée par 2 par rapport à une piscine "traditionnelle", le rejet de CO2 est 8 fois moins important qu’avec une chaudière à gaz. "Les piscines constituent les bâtiments les plus énergivores des collectivités. Ces solutions sont donc à privilégier au maximum afin de réduire les impacts environnementaux et les coûts de fonctionnement. Même démarche côté ouvrage, nous avons choisi de réaliser des bassins et des cuves en inox, un matériau innovant, recyclable et surtout durable puisqu’un bassin en inox a une durée de vie de 50 ans", ajoute Frédéric Bavard, Directeur Exécutif et Développement de Soja. Rien d’étonnant donc à ce que le centre aquatique de l’Amandinois bénéficie du label "Piscine Publique Basse Consommation"(PPBC).

Retours d’expérience et expertise au cœur des débats

Suite à la visite du centre aquatique, le temps des échanges est venu. Avec en premier lieu Gérard Decarpigny, président de Qualisport : "Tout le monde peut s’installer entreprise de travaux. C’est là que les signes de qualité tels que les dispositifs de qualifications spécialisées jouent un rôle essentiel et constituent des éléments de repères aux maîtres d’ouvrages et architectes qui les aideront dans leur choix de professionnels capables de mener à bien leurs projets" a-t-il rappelé.

Jean-Marc Mondino, adjoint au maire de Saint-Amand, a mis l’accent sur l’aspect intercommunal du projet avec l’adhésion de 19 communes autour d’un principal objectif : l’apprentissage et le développement de la natation auprès des scolaires et du grand public. On compte près de 120 000 visiteurs payants depuis l’ouverture en février, 250 000 visiteurs sont attendus à terme. De plus, le centre aquatique contribue au développement économique local avec son effectif de 20 salariés.

Joachim Arphand, responsable technique à la Fédération Française de Natation (FFN), est revenu sur l’intérêt économique du marché des équipements aquatiques. Un marché porteur avec près de 400 piscines à construire ou à rénover dans les années à venir.
Selon lui, les pouvoirs publics semblent vouloir faire une priorité des équipements aquatiques car ils jouent un rôle essentiel en termes de pratique sportive, de santé publique et de lien social. Mais le monde des équipements aquatiques n’est pas qu’un long fleuve tranquille. "Les piscines et les centres aquatiques sont des lieux potentiellement pathogène et présentent des risques comme les noyades ou les glissades sur les plages autour des bassins. L’hygiène, la qualité et la sécurité doivent donc être des priorités lors de leur rénovation ou de leur construction. C’est une affaire de spécialistes, le centre aquatique de Saint-Amand le prouve avec son haut niveau technique et environnemental. On ne peut pas tout faire au nom du confort", a-t-il précisé.

L’architecte Claude Girardet, du cabinet ACD Architectes, Vice président de Qualisport, a évoqué les gages de performance et de fiabilité offerts par des qualifications spécialisées comme celles de Qualisport dont le processus d’attribution est accrédité Cofrac. Il a également proposé et ouvert la voie à une qualification de maîtrise d’œuvre.

Patrick Brienne de l’agence d’architecture Atrium abonde dans ce sens. Il voit dans ces qualifications une opportunité pour les architectes de valoriser leur métier et leur valeur ajoutée.

François-Xavier Decré a enfin rappelé que le rôle des architectes consiste aussi à trouver les solutions les plus économiques possibles et a incité à la vigilance face aux "moins disant". "De nombreux maîtres d’ouvrage sont parfois tentés d’aller vers eux", a-t-il insisté. "La qualité aurait-elle un coût ? A question évidente, réponse évidente : oui ! La notion de qualification indépendante, impartiale proposée par Qualisport est une reconnaissance de l’expertise de l’architecte ou de la maîtrise d’œuvre et cela peut vraiment faire la différence", a-t-il conclu.

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