Les besoins et les attentes en matière d’activités physiques et sportives (APS) dans les territoires ruraux constituent un enjeu important. En effet, les communes rurales représentent environ 82 % du territoire national et 24,5 % de la population.

Constats et pistes pour l’avenir.

Une étude intitulée « Sport dans les communes rurales et de montagne : constats, enjeux et perspectives » a été menée par l’Association Nationale des Elus en charge du Sport (ANDES). Les conclusions, présentées fin 2013, dressent un état des lieux des principales caractéristiques du sport en milieu rural.

Quatre grands constats émergent.

Les territoires ruraux, des espaces de développement d’activités physiques et sportives de nature.

Au-delà des sports dits traditionnels, les territoires ruraux s’imposent comme des espaces privilégiés pour l’accueil et le déploiement d’activités de sport de nature, source de développement et touristique important. Ce potentiel d’expansion économique, s’il est pris en considération, est un atout essentiel pour ces territoires.

Une demande d’offre sportive ciblée à destination des jeunes et de nouveaux publics.

Les jeunes représentent un public captif pour lequel il faut maintenir une offre soutenue d’activités sportives. Parallèlement, la demande de nouveaux publics comme les seniors et les néo-ruraux est grandissante. Ces cibles ont des besoins spécifiques en matière d’activités physiques et sportives qu’il s’agit de prendre en compte et de satisfaire.

Les questions de mobilité et d’éloignement, facteurs d’inégalité d’accès au sport.

L’accessibilité géographique difficile de certains territoires ruraux demeure une problématique clé, notamment pour les territoires de massif et de montagne. Sur ce point, les activités sportives peuvent jouer un rôle de cohésion sociale en milieu rural. Un effort en matière d’équipements sportifs et d’offre d’activités doit donc être une priorité.

Des acteurs locaux au service de la politique sportive forte mais des freins…

Les collectivités locales, via notamment l’intercommunalité, constituent des leviers de la politique sportive au service des l’animation et du développement des territoires. Les associations sont également des partenaires privilégiés de l’animation sportive. Cependant, les moyens financiers et humains ne suivent pas. Les contraintes imposées par les règles fédérales et les normes sportives freinent l’action des collectivités quipeinent à répondre aux exigences des fédérations.

L’ANDES ne s’est pas contentée de constats et a formulé plusieurs propositions visant à mettre en œuvre une politique sportive efficace et fructueuse en milieu rural.

Maintenir et développer les APS et les équipements sportifs en intégrant les spécificités des espaces ruraux et de montagne : règlements fédéraux, valorisation du patrimoine sportif naturel…

Considérer davantage les APS comme un levier d’aménagement et d’attractivité des territoires par l’intégration du sport dans les schémas d’aménagement et les projets urbains, la garantie d’une qualité d’offre pour attirer les usagers, l’utilisation des APS comme des outils de développement économique et touristique.

Privilégier l’intercommunalité qui peut être un atout au service du pilotage et de l’animation, d’une politique sportive : mutualisation des moyens humains, de matériel
Il s’agit plus que jamais d’inciter les communes à s’inscrire dans une dynamique de montage de projets intercommunaux.

Prendre en compte les spécificités économiques des territoires dans les dispositifs d’emplois aidés afin de contribuer au développement de l’emploi local et, ainsi, répondre aux besoins d’ingénierie.

Favoriser l’accès au sport en remédiant aux inégalités  : mobilité géographique (amélioration et mutualisation des moyens de transport, accroissement d’initiatives comme les écoles itinérantes du sport), accessibilité sociale (développement des licences multisports).

Prendre appui sur le tissu associatif, acteur clé de l’animation locale, du lien social et partenaire des collectivités locales. Pour ce faire, il faut renforcer le soutien financier aux associations qui développent des projets en phase avec les besoins et les attentes locales et touristiques. Sans oublier le soutien technique via l’accompagnement à l’ingénierie, la mutualisation des moyens et des compétences.

Source  : ANDES, Association Nationale des Elus en charge du Sport