Le caractère social du budget des Sports 2016 se renforce en 2016 tout en mettant en avant les sportifs de haut niveau et les grands événements sportifs. L’accent est mis sur les territoires et les publics prioritaires qui mobilisent les subventions, notamment les aides à l’emploi. Les territoires et les publics non prioritaires voient leurs moyens diminués.

Deux grandes enveloppes composent le budget des Sports dans le projet de loi de finances (PLF) 2016 :
- les crédits généraux du programme Sport  ;
- les crédits du CNDS (Centre national pour le développement du sport).

Globalement, le budget 2016 sera en hausse de 0,6% et atteindra 497 millions d’euros (494 millions en 2015).
D’un côté, le budget du programme Sport affiche une augmentation de 3,9%, (224 millions d’euros en 2015, 233 millions d’euros en 2016).
De l’autre, les crédits du CNDS seront en baisse de 2% pour la quatrième année consécutive, (270 millions d’euros en 2015 contre 264 millions d’euros en 2016).

Baisse de crédits pour le CNDS

Financé par les recettes de la Française des jeux (FDJ), le CNDS aurait pu voir ses crédits augmenter. La FDJ avait annoncé en début d’année une hausse de ses ventes 2014 de 5,2%. Mais il est prévu que 10 millions d’euros soient versés sous la forme d’un prélèvement exceptionnel sur la FDJ via le CNDS pour soutenir la candidature de Paris aux JO 2024.
La répartition des crédits " traditionnels " territoriaux du CNDS demeure, quant à elle, encore en suspens. Cette ventilation doit être fixée lors du prochain conseil d’administration du centre qui se tient le 1er décembre. Thierry Braillard, secrétaire d’Etat aux Sports, a cependant affirmé lors de son audition récente devant les députés que l’enveloppe générale pour les équipements (hors contribution aux stades de l’Euro 2016 et éléments de politique contractuelle) s’élèverait à 35 millions, 10 millions dédiés aux équipements d’envergure nationale et 25 millions consacrés aux équipements locaux structurants à condition qu’ils soient situés en territoires carencés. Le secrétaire d’Etat a annoncé un " maintien des subventions aux clubs " dans leur globalité avec une primauté accordée aux zones prioritaires. Par ailleurs, les crédits du centre prévoient 3,5 millions pour les grands événements sportifs.

Les quartiers prioritaires et le sport de haut niveau

A qui profite la hausse de 0,6% du budget 2016 ?
En premier lieu à l’emploi sportif dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). 100 emplois supplémentaires d’éducatrices et éducateurs sportifs verront le jour dans le cadre du plan "Citoyens du sport "(voir encadré) en 2016 au sein des clubs actifs auprès de la population dans les QPV grâce à une aide du CNDS de 18.000 euros par an et par emploi, soit 6,5 millions d’euros. Cette décision s’ajoute aux 1.000 emplois CNDS d’éducateurs sportifs à créer de 2015 à 2017 dans les QPV. Priorité à l’emploi encore, 2,8 millions d’euros seront consacrés en 2016 à former 1.500 jeunes en insertion aux métiers du sport et de l’animation via le dispositif "Sésame" (voir encadré).
Autre grand gagnant : le sport de haut niveau. Le budget propose une nouveauté : le financement à hauteur de 1,83 million d’euros de la couverture des accidents du travail et des maladies professionnelles de 5.600 sportifs de haut niveau. De plus, année olympique oblige, 5 millions d’euros de primes sont prévus pour les futurs médaillés olympiques de Rio.
A signaler aussi que les conventions d’objectifs passées entre le ministère des Sports et les fédérations sportives stipulent que 6,5% du montant des subventions sont exclusivement dédiés aux pratiques féminines (plus de 5,6 millions d’euros). A l’échelle territoriale, les subventions allouées par le CNDS visant à soutenir les projets des associations locales et des fédérations pour le développement de la pratique féminine augmenteront d’un million d’euros.
Enfin, le dispositif "J’apprends à nager ", destiné aux enfants de 6 à 12 ans qui ne savent pas nager et habitent dans les zones carencées en priorité, sera doté d’1,5 million d’euros (1 million en 2015).
Le budget des sports 2016 met donc l’accent sur les sportifs de haut niveau et sur les grands événements sportifs. Quant au sport pour tous, il semble de plus en plus fractionné entre les territoires et les publics prioritaires qui mobilisent les subventions, notamment les aides à l’emploi, et les territoires et les publics non prioritaires dont les moyens, à destination des associations et des équipements, diminuent. Le budget des Sports 2016 prend une dimension sociale forte.


Programme "Citoyens du Sport"et dispositif  "Sésame"

♦ Lancé en mars de cette année, le programme "Citoyens du sport" a pour objectif de :
- renforcer l’accès des jeunes qui en sont le plus éloignés à la pratique sportive en leur permettant une pratique éducative, régulière et encadrée au sein des clubs sportifs ;
- favoriser l’éducation des plus jeunes et de contribuer à la mixité sociale et de genre.

Ce programme fait l’objet d’une démarche concertée entre le mouvement sportif et les collectivités locales. Les fédérations sportives ont pour mission de développer un plan d’actions "Citoyens du sport" jusqu’à l’échelon des clubs locaux visant à la professionnalisation des clubs et à la formation à la citoyenneté des acteurs du sport.
En soutenant parallèlement l’offre d’équipements sportifs de proximité dans les territoires carencés, l’Etat contribuera à développer une diversité des pratiques pour le plus grand nombre.

Le plan "J’apprends à nager " fait partie du Programme "Citoyens du sport". Il est déployé et soutenu par des financements prioritaires du CNDS en cohérence avec les investissements réalisés sur les territoires pour les piscines.

♦ Le dispositif "Sésame" est un parcours d’insertion dans les secteurs du sport et de l’animation lancé en septembre à l’occasion des Assises Nationales des métiers du sport et de l’animation.

Cette mesure vise à accompagner des jeunes de 16 à 25 ans qui rencontrent des difficultés d’insertion sociale et/ou professionnelle et habitant dans un quartier prioritaire de la politique de la ville (QPV) ou dans une zone de revitalisation rurale. Ce parcours concerne 600 jeunes : 300 dans le domaine du sport et 300 dans celui de l’animation. Il s’agit, via un parcours individualisé, de favoriser leur accès à un emploi dans le sport ou l’animation par l’obtention d’une qualification.

Lien utile
Projet de Loi de Finances 2016 : zoom sur le volet sports